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Chassez le naturel il revient au canot

Catégorie: science-fiction

Star Must (1) #PrivésDeMG

Nothing is deader than yesterday’s science-fiction.
Arthur C.Clarke

2070 : la France, suite à de multiples choix désastreux en matière de Santé Publique et de formation de ses futurs médecins, se retrouve privée de médecine générale. Les survivants tentent coûte que coûte d’organiser la résistance dans ce monde sanitaire post-apocalyptique. (2)

2070 : Suite à la révolte des médecins généralistes et de leurs confrères, la politique de santé  en France a pris un autre virage. de nouveaux projets ont vu le jour, parmi eux, les Must. Sorte de consortium ultra-sophistiqué de médecins généralistes (mais pas que) qui assurent les soins primaires dans les zones autrefois appelées « Déserts médicaux ».

Mme  Sarimol Eutarion, âgée de maintenant 80 ans est fatiguée. Elle essaie tant bien que mal de trouver de l’aide. Sa fille lui a conseillé d’aller voir un cardiologue. » A ton âge c’est sûrement le coeur ». Ayant eu le bon goût de ne pas décéder durant les 6 mois d’attente elle rencontre enfin le spécialiste. La scintigraphie myocardique couplée à l’épreuve d’effort (traction d’un cabas à roulettes en forte pente) est rassurante. La troponine et le BNP aussi. Après une coronarographie de contrôle et un holter tensionnel elle sort avec 2 hypertenseurs et un hypocholestérolemiant. Sa fille est rassurée mais Mme M est toujours fatiguée et même plus qu’avant. La voisine, elle pense que c’est les nerfs. Faut dire qu’elle est encore à 5 ans de la retraite et son chef est une vraie peau de vache.

Sarimol Eutarion est fatiguée. Sa fille la mène à la Must la plus proche de chez elle ce n’est pas à PetitJoliVillage mais à AutrePetitJoliVillage. ce jour-là son médecin n’est pas là. C’est normal c’est son jour de repos. Le Dr Gaiman prend toujours son mercredi pour s’occuper de ses enfants. et son mari qui est aussi dans la Must, lui, ne travaille pas le samedi pour la même raison. Elle aime bien le Dr Gaiman, elle l’a rencontré alors qu’il était encore un tout jeune interne et qu’il était en stage dans la Must, la coin lui a plu, il a eu envie de rester. Son mari lui est AGI avant il était visiteur médical, mais ça c’était avant.

sf

Oui, bon ça sera peut-être moins impressionnant en vrai mais ça n’empêche pas de rêver.

Le psychiatre n’a que 3 mois de délais de rendez-vous. Une chance. Sarimol s’enfonce exténuée dans le fauteuil du réducteur de têtes. Sans surprise il la trouve déprimée. Après une IRM cérébrale rassurante il lui prescrit un antidépresseur et un anxiolytique. Il lui fait également un arrêt de travail de 15 jours le temps que le traitement agisse. Il la reverra dans 1 mois. Deux semaines plus tard Sarimol doit reprendre le travail. Elle est littéralement épuisée et a parfois des étourdissements. Ne souhaitant plus se fier à n’importe qui, elle se rend sur Doctissimo2.0 . Les internautes lui conseillent unanimement d’aller voir un neurologue, un cancérologue et un ostéopathe.

Elle ne s’inquiète pas car un autre médecin va la voir et aura son dossier. Peut-être même qu’elle l’aura déjà rencontré. Il y aura peut-être un étudiant. Sarimol aime bien les étudiants, ils écoutent avec patience avec de grands yeux ouverts et ils sont toujours enthousiastes pour examiner sa vieille carcasse. Parfois certains s’entraînent à faire les prises de sang quand les patients ont des bilans à faire. Elle aime moins bien, ils sont pas tous doués les jeunes) mais elle s’y prête de bonne grâce car elle trouve important qu’ils apprennent.

Finalement le médecin vient la chercher. C’est le Dr JeuneEtJolie, une doctoresse. Elle l’a déjà croisée. Elle est interne. Elle va prendre le temps de l’interroger, de l’examiner. Sarimol va pouvoir parler de ce qui l’inquiète, de sa fatigue. elle vont tomber d’accord qu’elle se surmène beaucoup. Elle accepte une simple prise de sang et une radiographie du thorax car elle est essoufflée. Son ECG est normal. Mais surtout elle est rassurée. Elle prend rendez-vous dans une semaine pour montrer ses résultats et promet de se ménager plus.

Elle est plutôt sympa cette doctoresse, Sarimol espère que elle  aussi elle viendra s’installer dans cette Must plus tard.

(1) Les jeux de mots pourris c’est ma vie, ne me jugez pas.

(2) A ceux qui m’accuseraient de recycler lâchement mon billet précédent, je réponds : ouais

Voilà c’est ma modeste contribution au mouvement  #PrivésdeMG dont vous avez pu percevoir les frémissement sur twitter , sur facebook, ou sur tumblr.

Les médecins blogueurs ont plusieurs propositions à faire pour améliorer les soins primaires. Si je n’ai pas choisi la médecine générale (trop fainéante) j’ai la conviction que la santé des patients passe en priorité par des soins primaires de qualité assurés par des médecins formés et épanouis.

Je reproduis ici le texte issu de la réflexion de ces rêveurs non pas doux mais révoltés.

Médecine générale :
dernier arrêt avant le désert !

Comment sauver la médecine générale en France et assurer des soins primaires de qualité répartis sur tout le territoire ?

Certains d’entre nous avaient fait en 2012, un certain nombre de propositions dans le cadre de l’opération #PrivésDeDéserts.

Marisol Touraine présente ce lundi sa Stratégie nationale de santé. Cet évènement constitue l’occasion de nous rappeler à son bon souvenir, rappel motivé par l’extraordinaire enthousiasme qui avait accompagné nos propositions (voir plus bas les 600 commentaires) dont aucune n’a été reprise par la Ministre.

Nos idées sont concrètes et réalistes pour assurer l’avenir de la médecine générale, et au-delà, des soins primaires de demain.

Notre objectif est de concilier des soins de qualité, l’éthique de notre profession, et les impératifs budgétaires actuels.

Voici une synthèse de ces propositions.

 Sortir du modèle centré sur l’Hôpital

Depuis des décennies, l’exercice de la médecine ambulatoire est marginalisé, privé d’enseignants, coupé des étudiants en médecine. La médecine hospitalière et salariée est devenue une norme pour les étudiants en médecine, conduisant les nouvelles promotions de diplômés à délaisser de plus en plus un exercice ambulatoire qu’ils n’ont jamais (ou si peu) rencontré pendant leurs études.

Cette anomalie explique en grande partie les difficultés actuelles. Si l’hôpital reste le lieu privilégié d’excellence, de recherche et de formation pour les soins hospitaliers, il ne peut revendiquer le monopole de la formation universitaire. La médecine générale, comme la médecine ambulatoire, doivent disposer d’unités de recherche et de formation universitaires spécifiques, là où nos métiers sont pratiqués, c’est-à-dire en ville et non à l’hôpital.

La formation universitaire actuelle, pratiquée quasi-exclusivement à l’hôpital, fabrique logiquement des hospitaliers. Pour sortir de ce cercle vicieux, il nous semble nécessaire de réformer profondément la formation initiale des étudiants en médecine.

Cette réforme aura un double effet :

– Rendre ses lettres de noblesse à la médecine « de ville » et attirer les étudiants vers ce mode d’exercice. Nous ne pouvons reprocher aux étudiants en médecine de ne pas choisir une spécialité qu’ils ne connaissent pas.

–  Apporter des effectifs importants de médecins immédiatement opérationnels dans les zones sous-médicalisées.

Il n’est pas question dans ces propositions de mesures coercitives aussi injustes qu’inapplicables contraignant de jeunes médecins à s’installer dans des secteurs déterminés par une tutelle sanitaire.

Toute mesure visant à obliger les jeunes médecins généralistes à s’installer en zone déficitaire aura un effet repoussoir majeur. Elle ne fera qu’accentuer la désaffection pour la médecine générale, poussant les jeunes générations vers des offres salariées (nombreuses), voire vers un exercice à l’étranger.

Une véritable modernisation de la formation des médecins est nécessaire. Il s’agit d’un rattrapage accéléré d’opportunités manquées depuis 50 ans par méconnaissance de la réalité du terrain. Si la réforme Debré de 1958 a créé les CHU (Centres Hospitaliers et Universitaires), elle a négligé la création de pôles universitaires d’excellence, de recherche et de formation en médecine générale. Ces pôles existent dans d’autres pays, réputés pour la qualité et le coût modéré de leur système de soins.

Idées-forces

Les principales propositions des médecins généralistes blogueurs sont résumées ci-dessous. Elles sont applicables rapidement.

  • Enseignement de la Médecine Générale par des Médecins Généralistes, dès le début des études médicales
  • Construction par les collectivités locales ou les ARS de 1000 maisons de santé pluridisciplinaires qui deviennent aussi des maisons médicales de garde pour la permanence des soins, en étroite collaboration avec les professionnels de santé locaux.
  •  Décentralisation universitaire qui rééquilibre la ville par rapport à l’hôpital :

Ces maisons de santé se voient attribuer un statut universitaire. Elles hébergent des externes, des internes et des chefs de clinique (3000 créations de postes). Elles deviennent des MUSt : Maisons Universitaires de Santé qui constituent l’équivalent du CHU pour la médecine de ville.

  •  Attractivité de ces MUSt pour les médecins seniors qui acceptent de s’y installer et d’y enseigner :

Statut d’enseignant universitaire avec rémunération spécifique fondée sur une part salariée majoritaire et une part proportionnelle à l’activité.

  • Création d’un nouveau métier de la santé : “Agent de gestion et d’interfaçage de MUSt” (AGI).

Ces agents polyvalents assurent la gestion de la MUSt, les rapports avec les ARS et l’Université, la facturation des actes et les tiers payants. De façon générale, les AGI gèrent toute l’activité administrative liée à la MUSt et à son activité de soin. Ce métier est distinct de celui de la secrétaire médicale de la MUSt. Les nouveaux postes d’AGI pourraient être pourvus grâce au reclassement des visiteurs médicaux qui le souhaiteraient, après l’interdiction de cette activité. Ces personnels trouveraient là un emploi plus utile et plus prestigieux que leur actuelle activité commerciale. Il s’agirait d’une solution humainement responsable. Il ne s’agit en aucun cas de jeter l’opprobre sur les personnes exerçant cette profession.

  • Les « chèques-emploi médecin »

Une solution innovante complémentaire à la création du métier d’AGI pourrait résider dans la création de « chèques-emploi » financés à parts égales par les médecins volontaires et par les caisses.

Il s’agit d’un moyen de paiement simplifié de prestataires de services (AGI, secrétaires, personnel d’entretien). Il libérerait des tâches administratives les médecins isolés qui y passent un temps considérable, sans les contraindre à se transformer en employeur, statut qui repousse beaucoup de jeunes médecins.

Nos propositions et nos visions de l’avenir de la Médecine Générale, postées simultanément par l’ensemble des 86 participants, sur nos blogs et comptes Twitter, le 23 septembre 2013, sont des idées simples, réalistes et réalisables, et n’induisent pas de surcoût excessif pour les budgets sociaux.

L’ensemble des besoins de financement sur 15 ans ne dépasse pas ceux du Plan Cancer ou du Plan Alzheimer ; il nous semble que la démographie médicale est un objectif sanitaire d’une importance tout à fait comparable à celle de la lutte contre ces deux maladies.

Ce ne sont pas des augmentations d’honoraires que nous demandons, mais des réallocations de moyens et de ressources pour rendre son attractivité à l’exercice libéral.

Les participants à l’opération (Noms ou Pseudos Twitter) :

1.     Docteurmilie 2.     Dzb17 3.     Armance64
4.     Matt_Calafiore 5.     Docmam 6.     Bruitdessabots
7.     Ddupagne 8.     Souristine 9.     Yem
10.   Farfadoc 11.   SylvainASK 12.   Docteur Sachs Jr
13.   Méd Gé de L’Ouest 14.   Docteur Gécé 15.   DrKalee
16.   DrTib 17.   Gélule, MD 18.   DocAste
19.   DocBulle 20.   Docteur Selmer 21.   Dr Stephane
22.   Alice Redsparrow 23.   Docteur_V 24.   Dr_Foulard
25.   Kalindéa 26.   DocShadok 27.   Dr_Tiben
28.   Bismuth Philippe 29.   PerrucheG 30.   BaptouB
31.   Juste un Peu Sorcier 32.   Elliot Reid-like 33.   MimiRyudo
34.   SacroStNectaire 35.   DrGuignol 36.   DrLebagage
37.   Loubet Dominique 38.   CaraGK 39.   DocArnica
40.   Jaddo 41.   Acudoc49 42.   AnSo1359
43.   DocEmma 44.   DrPoilAGratter 45.   GrangeBlanche
46.   Docteur Pénurie 47.   Borée 48.   10Lunes
49.   Echocardioblog 50.   OpenBlueEyes 51.   nfkb
52.   Totomathon 53.   SophieSF 54.   SuperGélule
55.   BicheMKDE 56.   Knackie 57.   DocCapuche
58.   John Snow 59.   Babeth_Auxi 60.   Jax
61.   Zigmund 62.   DocAdrénaline 63.   DrNeurone
64.   Cris et chuchotements 65.   YannSud 66.   Nounoups
67.   MademoiselleAA 68.   Boutonnologue 69.   Françoise Soros
70.   Une pédiatre 71.   Heidi Nurse 72.   NBLorine
73.   Stockholm 74.   Qffwffq 75.   LullaSF
76.   DocteurBobo 77.   Martin Minos 78.   DocGamelle
79.   Dr Glop 80.   Ninou
81.   Martin Winckler
82.   UrgenTic 83.   Tamimi2213 84.   Doc L
85.   DrLaeti 86.   LBeu

 

Si vous voulez le retrouver ainsi que les commentaires de l’opération #PrivésDeDésert de septembre 2012 ainsi que les liens vers autres blogs qui participent : c’est là :  http://www.clubdesmedecinsblogueurs.com/PrivesDeMG/?p=1

N’hésitez-pas à y laisser vos commentaires.

Merci à tous les patients pour le soutien que nous avons déjà senti sur Twitter.

La face obscure de la médecine. #PrivésDeMG

2070 : la France, suite à de multiples choix désastreux en matière de Santé Publique et de formation de ses futurs médecins, se retrouve privée de médecine générale. Les survivants tentent coûte que coûte d’organiser la résistance dans ce monde sanitaire post-apocalyptique.

Mme  Sarimol Eutarion, âgée de maintenant 80 ans est fatiguée. Elle essaie tant bien que mal de trouver de l’aide. Sa fille lui a conseillé d’aller voir un cardiologue. » A ton âge c’est sûrement le coeur ». Ayant eu le bon goût de ne pas décéder durant les 6 mois d’attente elle rencontre enfin le spécialiste. La scintigraphie myocardique couplée à l’épreuve d’effort (traction d’un cabas à roulettes en forte pente) est rassurante. La troponine et le BNP aussi. Après une coronarographie de contrôle et un holter tensionnel elle sort avec 2 hypertenseurs et un hypocholestérolemiant. Sa fille est rassurée mais Mme M est toujours fatiguée et même plus qu’avant. La voisine, elle pense que c’est les nerfs. Faut dire qu’elle est encore à 5 ans de la retraite et son chef est une vraie peau de vache.
Le psychiatre n’a que 3 mois de délais de rendez-vous. Une chance. Sarimol s’enfonce exténuée dans le fauteuil du réducteur de têtes. Sans surprise il la trouve déprimée. Après une IRM cérébrale rassurante il lui prescrit un antidépresseur et un anxiolytique. Il lui fait également un arrêt de travail de 15 jours le temps que le traitement agisse. Il la reverra dans 1 mois. Deux semaines plus tard Sarimol doit reprendre le travail. Elle est littéralement épuisée et a parfois des étourdissements. Ne souhaitant plus se fier à n’importe qui, elle se rend sur Doctissimo2.0 . Les internautes lui conseillent unanimement d’aller voir un neurologue, un cancérologue et un ostéopathe.

Sarimol arrivera-t-elle à se sortir vivante de tous ces « bons » soins?
L’un d’entre eux s’apercevra-t-il qu’elle habite au 5 ème sans ascenseur?

À vous d’écrire la suite…

Cette histoire est une fiction. Bien sûr. Mais le danger est bien réel d’être un jour #PrivésDeMG. Le Ministère nous a sorti de son chapeau le PJMTLG  (2) euh non pardon le PTMG qui ne répond pas vraiment aux questions posées. Nous attendons mieux et nous comptons le faire savoir.
Vous trouverez d’autres points de vue sur ce sujet brûlant : , , et même . Et encore et voilà. Mais aussi , et .
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(1) Si vous arrivez à lire ceci sans chanter Brave Margot dans votre tête je vous dis bravo.

(2)  : un nom qui conviendrait parfaitement tant ce projet partage de caractéristiques étonnantes avec les petits pains à la saucisse du fameux  Planteur-Je-Me-Tranche-La Gorge : un marché de dupe au fumet attractif mais dont la provenance est plus que douteuse et qui fait rapidement regretter de l’avoir ingéré.